Le Mag, magazine|1 mars 2012 09:39

IVG à Londres

Il est loin le temps de Vera Drake et des faiseuses d’anges qui risquaient l’emprisonnement pour pratique d’avortements illégaux. Depuis l’ “Abortion Act” de 1967, l’IVG est autorisée en Grande-Bretagne, prise en charge par la NHS et les femmes ont jusqu’à 24 semaines pour se faire avorter, un délai deux fois plus long qu’en France. Comment s’y prend-on pour interrompre une grossesse à Londres et sous quelles condition ? Gros plan sur la pratique des IVG à Londres.

 

“Quand j’ai su que j’étais enceinte, j’étais chez mon GP. Il m’a demandé si je voulais garder le bébé ou non”, raconte Agnès qui, il y a trois ans, a choisi d’avorter à Londres. “Je vivais en Angleterre depuis plus de 12 ans et je n’ai même pas pensé rentrer en France pour ça”, poursuit-elle. Elle se souvient que son GP a vaguement essayé de lui faire envisager d’autres options. “Mais j’ai coupé court car j’étais sûre de mon choix. Du coup, il s’est montré impartial et m’a réferrée à l’hopital. Deux semaines plus tard, j’avais rendez-vous”, raconte Agnès.

 

Choisir le public ou le privé ?

Comme près de 200 000 femmes chaque année, Agnès a suivi le “parcours classique” de l’IVG en Grande-Bretagne : du généraliste à l’hopital ou à la clinique spécialisée (Sexual Health Clinic). Quant à l’intervention, elle dépend de l’avancement de la grossesse et est gratuite si l’on choisit de passer par la NHS (National Health Service). Ce qui est le cas pour plus de 90% des femmes. Certaines, bien sûr, préfèrent le privé. “D’abord, il faut avoir les moyens, poursuit Agnès, mais je comprends que celles qui peuvent se l’offrir, optent pour cette option : on est sans doute mieux entouré et accompagné dans le privé”. Cependant, il faut compter en moyenne £ 500 pour la pilule abortive (Abortion Pill) jusqu’à 9 semaines de grossesse, £ 800 pour une intervention chirurgicale (Surgical Abortion) entre
10 et 18 semaines et £ 1500 entre 19 et 23 semaines.

Pour trouver une clinique privée, vous n’aurez aucun mal. Internet en regorge et depuis fin janvier, elles sont autorisées à faire de la publicité pour promouvoir leurs services d’IVG. Une décision qui suscite de nombreux remous et ravive la colère de mouvements “pro-life” plutôt actifs en Grande-Bretagne… En tout cas, que l’on choisisse le public ou le privé, il existe une association nationale à but non lucratif efficace : le BPAS (British Pregnancy Advisory Service, http://www.bpas.org/). Créée en 1968, au moment du passage de la loi autorisant l’avortement enGrande-Bretagne, elle conseille, oriente, assiste et accompagne les femmes de la prise de décision à l’après-intervention. Les cliniques Marie Stopes (http://www.mariestopes.org.uk/) dont l’accès est gratuit et qui sont spécialisées dans la santé sexuelle sont des lieux incontournables si l’on souhaite avoir des conseils et pratiquer une IVG.

France ou Grande-Bretagne ?

On peut aussi faire le choix de rentrer en France pour subir une IVG, pour des raisons personnelles, familiales ou d’entourage. “Pour moi, il n’était pas question de rentrer en France. Mes
proches sont ici. J’avais envie que cela se passe le plus vite possible, rentrer chez moi le soir et je ne voulais pas non plus que ma famille en France
le sache”, explique Agnès. Les raisons qui poussent chacune à faire le choix d’un pays ou de l’autre sont bien sûr très personnelles mais il peut aussi s’agir de se sentir plus à l’aise avec un système de santé qu’un autre. “C’est sûr que dans l’hopital où j’ai avorté, on était une quinzaine dans une salle séparée par des rideaux, assises sur des sortes de fauteuil à attendre que la pilule abortive fasse son effet, se souvient Agnès, on n’avait pas une infirmière chacune pour nous tenir la main!”. Elle ajoute qu’elle n’avais pas trop envie d’entamer la conversation avec ses voisines. “Je ne peux pas comparer avec la France mais j’imagine qu’il y a ici en Angleterre plus d’impartialité. On ne vous juge pas et on respecte votre choix”, ajoute Agnès. En effet, la loi autorisant l’avortement date de 1968 alors qu’elle n’a été votée en France qu’en 1974 après bien des remous. La Grande-Bretagne a donc quelques années d’expériene d’avance et autorise l’interruption de la grossesse jusqu’à 24 semaines, le double de la France.

L’Irlande du Nord, seul point noir au tableau du Royaume

Cependant, si la Grande-Bretagne paraît avancée en ce qui concerne les IVG, il existe au Royaume-Uni un vilain petit canard : l’Irlande du Nord où l’avortement est toujours interdit sauf dans des cas exceptionnels où par exemple la mère ou le foetus sont en danger de mort. En République d’Irlande, la loi est similaire. Du coup, Londres est devenue la capitale irlandaise de l’avortement, avec plus de 7 000 Irlandaises par an faisant le voyage pour y subir une IVG.

Que l’on choisisse de se faire avorter dans le public ou le privé, Londres offre toutes les possibilités et un réseau d’associations et de cliniques pour vous aider.

 

Pour plus d’informations :

BPAS : http://www.bpas.org/bpaswoman

Marie Stopes : http://www.mariestopes.org.uk/

Conseils de la NHS en ce qui concerne
l’avortement en GB : http://www.nhs.uk/conditions/Abortion/Pages/Introduction.aspx

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7 Comments

  • Ce que je veux dire surtout c’est que lorsqu’on avorte et que l’on n’est pas soutenu après psychologiquement il peut y avoir des effets désastreux et pour le soutien psychologique sous Nhs On peut courir très vite et on n’arrivera pas très très loin …

  • 24 semaines? Vous avez deja vu une echographie d un bebe a 6 mois de grossesse? c est le moment ou il est considere comme viable. Votre article est nauseabond, vous traitez l information comme s il s agissait de choisir une ecole pour ses enfants. Vous etes bien marquee par le liberalisme londonien. Ne me publiez surtout pas, pas trop d opposition quand meme, il ne faudrait pas commencer a reflechir a ce qu un bebe de 24 semaines represente.

  • Bonsoir,
    Je viens de prendre connaissance de votre article et souhaiterais vous poser une question en privé si c’est possible Agnès.

    • Bonjour,
      Malheureusement nous ne disposons pas de plus d’info sur l’IVG en Grande-Bretagne.

      • bonjour a vous j ai besoin de conseil on cherche une clinique en Grande-Bretagne car mon amie est a 14 sem et on vient de l apprendre il y a 6 jours ;elle prenait la pilule et a continue a avoir c règle ;suite a un mal de ventre elle a fait un teste et la plus aucun recoure en france trop tard . avez vous des adress sur des cliniques serieusent voir plus a nous donner merci d avance c la panique

  • Bonjour,
    Je tiens à avoir des renseignement privé,est ce que c’est possible
    merci

  • Ne soyez pas stupides, dirigez vous a un centre de planification en France qui a toutes les adresses en cas de depassement legal en France. L’espagne est proche aussi.

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